Dernière ligne droite (ou gauche) des régionales de 2010, nous aurons pour la plupart à choisir entre trois listes, triangulaire oblige. Mais une question se pose, en dehors de considérations purement idéologiques et de l'obédience politique ; pourquoi les candidats persistent-ils à faire de ce scrutin régional une affaire purement nationale ? Dernièrement Martine Aubry appelait à sanctionner l'action du gouvernement, et indirectement celle du président de la République, si ce n'est la même chose. Les Écologistes ont parlé de tout sauf d'écologie, et leur alliance avec le PS ampute une partie des projets des uns et des autres.
Dimanche prochain, je devrais glisser une enveloppe dans l'urne, avec toujours cette sensation que la voix se sera perdue parmi des milliers d'autres, et le sentiment que le conseil régional ne prendra toujours pas les décisions décisives que j'attends. Par exemple le réaménagement des lignes de chemin de fer, un coup de pouce pour la propreté du littoral, plages et forêts, une politique de l'emploi dynamique au niveau régional avec soutien aux PME-PMI qui en ont bien besoin. Jusqu'à présent de grands projets émergeaient tous les six ans, curieusement à la veille de scrutins locaux, pour ensuite s'évanouir dans le néant... Et toujours le même constat : les facultés en délabrement, des postes de chercheur en moins, une économie stagnante, le littoral qui se dégrade. Et l'on accuse le gouvernement et la politique nationale. Pourtant dimanche, lorsque je voterai, je penserai surtout à ce qui a été fait dans la région, pour la région, en me fichant un peu de ce qu'en pense Paris. Et comme j'ai l'impression désagréable qu'on ne cesse de me parler d'intérêt national et de vengeances politiques pour les présidentielles futures, je me mets à comprendre qu'on puisse tout simplement s'abstenir.
Quel vertige, j'ai presque envie de glisser moi-même dans l'urne, pour crier mon agonie citoyenne au moment de l'ouverture de la petite enveloppe. Et si l'internet contribuait à modifier la politique en France ?
Publié par specht à 20:22:38 dans Songes | Commentaires (0) | Permaliens
La région de Calais continue de faire parler d'elle, à propos de migrants traversant son territoire, de cette "jungle" où vivent celles et ceux qui attendent le moment favorable au transit clandestin vers la Grande-Bretagne. On parle de "sans-papiers" et de "clandestins", et je reste partagé, franchement partagé devant ce phénomène et les néologismes qui en résultent. Est-il seulement possible de prendre position dans cette histoire sans sacrifier d'autres bonnes raisons d'être de position contraire ? Essayons au moins d'y voir clair avec la froideur nécessaire de l'analyse. De quoi s'agit-il exactement ?
Pour diverses raisons, des personnes s'engagent dans un voyage risqué par des voies non-officielles, vers une contrée qui leur semble être la meilleure solution pour, selon la reporter de CNN Jessica Hartogs, y travailler et renvoyer une grosse partie du gain vers les familles restées au pays d'origine. Je me demande comment s'organisent ces déplacements, qui informe ces gens de la possibilité de travailler en Grande-Bretagne. Car ils ne viennent certainement pas par hasard, tout semble calculé, obéir à une planification soigneusement posée, on soupçonne une organisation bien rôdée, et d'ailleurs les reportages successifs parlent de passeurs et de trafic de main-d'oeuvre, où se mêlent comme toujours les opportunismes parallèles comme la prostitution, le trafic de drogue, et tout ce qui a intérêt à utiliser le flux migrant en couverture.
Alors ces personnes traversent la France parce que le tunnel sous la manche démarre en France, donc nous avons ces flux à Calais. Quoi de plus normal et compréhensible. Mais alors que doit-on faire ? Instaurer une institution chargée de gérer au mieux ces transits qui, en soi, ne contreviennent à aucune loi internationale ? Il me semble que Sangate obéissait à ce principe, le centre aurait pu offrir une solution acceptable pour tout le monde dans l'idéal. Or dans l'idéal un centre de transit n'est jamais victime de son succès, la réalité brisa rapidement les efforts de bonne conscience : afflux croissant, saturation, début des conflits inter-éthniques, et tout ce que l'accumulation de personnes en endroit restreint engendre de chaotique en l'absence d'un arbitre suffisamment fort. Comme attendu, la fermeture du centre complètement débordé laissa le flux s'exprimer dans la nature quasiment au même endroit, car le tunnel vers la Grande-Bretagne continue de démarrer en France... Les migrants s'installent provisoirement là où ils peuvent, et comme ils ignorent les lois et coutumes françaises leurs activités dérangent les riverains (pollution de la nature, manque de place...), et comme le flux reste un flux les installations provisoires deviennent permanentes puisque accueillant une succession de résidents provisoirs. De nombreuses villes se sont ainsi formées pendant la conquête de l'ouest aux Etats-Unis. Sur les photos du reportage de Jessica Hartogs on devine des embryons de rue, on aperçoit une mosquée, quelques tentes entourées de plantes cultivées, des rigoles d'assainissement, en fait un endroit de moins en moins désorganisé, de moins en moins sauvage. Il ne manque que le marchand d'équipements spécialisés pour la traversée de la Manche, mais nous avons déjà ces Français "bénévolants" qui viennent les nourrir et les réconforter comme on s'occupe de chats de gouttière ou de pigeons dans un parc. Mais voilà, la France n'est plus ce pays aux terrains sauvages qu'étaient encore les territoires nord-américains (à condition d'omettre volontairement les territoires améridiens) où l'on pouvait camper, bâtir, saisir en toute légalité, installer un point de transit. Ce début d'organisation urbaine chevauche une organisation déjà établie depuis des siècles, et les cultures de transit se superposent à une culture locale prégnante, déjà hautement fécondée. Les autorités incapables d'imaginer une solution se contentent de constater et de garantir un minimum de sécurité pour tous, riverains comme migrants. Un travail de recensement s'exécute régulièrement, peut-être ces archives seront-elles un jour consultées par les descendants curieux de l'origine de leurs ancêtres, comme on consulte de nos jours les archives des services de l'émigration de New York. Et j'en viens à ces fameux papiers...
Puisque ces gens vont et souhaitent aller travailler en Grande-Bretagne, c'est bien qu'on les y invite indirectement. Tout comme les caves de Paris accueillent discrètement les clandestines petites mains asiatiques pour la confection de nos vêtements déclarés, quelques grandes villes d'Angleterre ont certainement besoin de petites mains afghanes, iraniennes, pakistanaises, que sais-je encore pour la confection, les services domestiques et urbains, la restauration et autres activités désormais réservées par filière ! Dans ce cas, autant cessez la dénégation et donner à ces personnes un statut transitoire en France qui permettrait au moins de prévenir les risques de santé publique qu'engendrent les flux clandestins (les virus n'ont pas de frontière), la maltraitance, les viols et de permettre une traçabilité bienvenue pour les familles. Il existe certainement des "parents" qui seraient heureux de constater que leur rejeton migrant se porte bien. De plus les migrants pourraient clairement savoir si oui ou non une place existe pour eux dans tel ou tel pays convoité, et cesser de prendre des risques infructueux. A mon sens l'absence d'information contribue plus encore que l'accueil à renforcer les flux migratoires clandestins. En témoigne la désillusion de nombre d'Africains une fois arrivés à Paris, mais trop fiers pour l'avouer à leur famille qui attend beaucoup de la mission du rejeton (argent) parce qu'elle-même se berce d'illusions sans le savoir de l'autre côté de la Méditerranée : "la France est riche", se disent les familles, "car elle continue de donner à notre pays. Mais seuls les familles régentes profitent de ces dons, évitons les intermédiaires et envoyons directement nos rejetons à Paris." Simple bon sens finalement, étayé par l'expérience accumulée depuis 1956 par la filière malienne des Soninkés en France.
Maintenant si l'intérêt d'employeurs grand-bretons, ou français, reste d'éviter la déclaration de sa main-d'oeuvre, et que tout le monde le sait, la proposition d'établir un statut de migrant n'a pas lieu d'être. Mais dans ce cas cessons de nous plaindre de ces flux et surtout d'accuser les mauvaises personnes.
Publié par specht à 18:09:16 dans Songes | Commentaires (0) | Permaliens
Diffuser un message n'est jamais un acte anodin, l'acte engendre une image à partir de laquelle se fonde une réputation. Il suscite en retour le jugement de valeur. Nous l'avons perçu pendant le bref conflit en Géorgie où chaque partie se plaisait à divulguer son message de propagande, en fonction de ses propres intérêts. Présentés comme une menace pour l'Europe, voire le monde occidental, les Russes pour une fois montraient au contraire une certaine mesure dans leurs informations. Medvedev ou Poutine transmettaient en effet des informations plutôt justes qui, pour le coup, passaient pour être exagérées ou mensongères. Une fois la crise et les habituelles gesticulations politiques atténuées, nous avons pu constater par le témoignage de nombreux intervenants sur le terrain que le contenu des informations russes s'était avéré beaucoup plus proche de la réalité que celui déversé par la presse occidentale. Par exemple les bâtiments détruits en Géorgie par l'aviation russe abritaient des garnisons plutôt que des civils, la quantité détruite s'est révélée assez réduite, loin du carnage annoncé. Objectivement l'Occident s'est montré intellectuellement malhonnête face aux Russes, ce qu'une majorité de citoyens a vite remarqué. On pourrait en déduire que les messages de la presse occidentale n'atteignent plus leur objectif, à savoir transmettre une idée, une information, qui aurait valeur de vérité. Quand plus aucun quidam n'est dupe, à quoi bon diffuser une propagande ? L'image des grands médias en aura encore pris un coup, et pourtant pas une ligne de d'excuse.
Le gouvernement français diffuse lui aussi des messages, de nombreux messages à destination des citoyens selon divers objectifs ; soit pour les informer de l'activité gouvernementale, soit pour les rassurer, soit pour mobiliser leur motivation. Ici encore, pourtant, la plupart des citoyens se méfient et déjouent aisément l'incohérence du contenu des messages. Un exemple, entre autres, l'annonce par Christine Lagarde de la bonne santé des banques françaises face à la crise actuelle, aussitôt démentie par l'intervention de Nicolas Sarkozy au meeting de Toulon, ou encore la taxe pique-nique démentie aussitôt qu'annoncée. A lire les nombreux forums quasiment personne ne croit plus aux messages gouvernementaux, d'autant moins qu'on se demande si le gouvernement actuel possède encore son pouvoir exécutif ou s'il n'existe qu'à titre d'accessoire communiquant. Or malgré le déphasage entre ce qui est cru et ce qui est annoncé, l'équipe continue d'arroser la population de messages divers, avec l'air convaincu d'un prophète de péplum. Les moqueries fleurissent sur l'internet sans qu'aucun changement de stratégie de communication ne pointe à l'horizon.
Il suffirait pourtant de peu de choses pour qu'un message engendre à nouveau une bonne image, qu'il s'agisse des grands médias français ou du gouvernement. Sans prise de conscience la situation pourrait être dangereuse ; imaginons un instant qu'une entité antidémocratique en profite pour divulguer des faits présentés de manière avantageuse, elle pourrait se donner ainsi une bonne image aux yeux du public et masquer ses intentions liberticides, apparaître dans la vérité (ou la justesse) face aux concurrents démocratiques. Une foule avide d'honnêteté intellectuelle se laisserait séduire et porterait son goût vers cette entité politique ou autres pourtant dangereuse.
Comment expliquer cet entêtement ?
Publié par specht à 14:27:32 dans Songes | Commentaires (1) | Permaliens
Je rends désormais une fois par mois visite à ma compagne qui habite Aix-en-Provence. C'est peu mais bientôt nous serons réunis tous les deux dans une région commune.
Aix-en-Provence siège dans une région magnifique, on y trouve l'esthétique des roches nuances de gris et de beiges, une végétation buissonnante, exhubérante de couleurs et de parfums à l'approche du printemps. Un vent frais assez fréquent, le mistral, balaye tout vers le sud en donnant leurs formes aux végétaux. Voici un aperçu du coin :

Une place située au terme du cours Mirabeau, ce cours accueille des boutiques de luxe à l'image des Champs Elysées à Paris. Une allée d'arbres donne en été une ombre bienvenue et ajoute un peu de fraîcheur. Le soir est aussi animé que la journée. Encore un peu trop de voitures à mon goût, car cet axe central de la ville reste un passage obligé. La statue représente un roi cultivé, René d'Anjou et de Naples, XVème s., tenant une grappe de muscat. Sculpture de David d'Angers. Les bas-reliefs du socle illustrent la bataille de Famars. Le roi est décédé à Aix-en-Provence mais son corps fut rapatrié à la dérobée vers la cathédrale d'Angers.

Ci-dessus la Rotonde, une fontaine circulaire assez massive située à l'autre extrémité du cours Mirabeau. J'ignore encore si les statues représentent les Trois Grâces, sa construction est récente, 1860, et chacune des statues regarde une autre ville. On aperçoit des nuages proches, quelques minutes après le cliché un orage s'abattait violemment sur la ville.

Ci-dessus, le massif de la Sainte Victoire d'où l'armée locale précipita les envahisseurs germanophones il y a déjà bien longtemps. On y accède par une petite route qui serpente entre des vignes et une terre rouge-orangé. Une fois au milieu de la végétation, très parfumée, allongé sur la rocaille, on n'entend plus que le souffle du vent et l'activité des nombreux insectes. Je dois avouer que l'expérience est très agréable et suscite la réflexion. Sur la photographie malheureusement (sans filtre) un nuage mal placé jette son ombre éphémère sur les flancs. On aperçoit néanmoins quelques taches flous de soleil sur les pentes abruptes. Chose intéressante, on découvre parfois incrustés dans la roche quelques coquillages de la même forme que la coquille saint Jacques, en bien plus petit.
Publié par specht à 20:24:54 dans Escapades | Commentaires (0) | Permaliens
Benoît XVI, je ne sais quoi penser. On avait annoncé qu'il réserverait des surprises, en ce sens se montrerait-il moins dogmatique et conservateur que la rumeur le laissait entendre. Mais finalement, à mon goût, il est resté le gardien d'un catholicisme d'une certaine époque, celle d'avant Vatican III. Enfin il me semble.
Quoi qu'il en soit, je pense que c'est le pape qu'il fallait à un catholicisme qui se cherche une identité contemporaine, l'architecture des nouvelles églises ne suffisant plus. Parce que l'évolution du catholicisme devrait commencer par clarifier les bases d'un dogme, pour ensuite évoluer sur certais aspects. On pourra déjà noter la disparition des limbes... Reste à savoir s'il saura donner à cette religion chrétienne un nouveau souffle, quand on observe la place que l'évangélisme d'origine nord américaine commence à prendre dans le monde.
Publié par specht à 19:57:26 dans Songes | Commentaires (0) | Permaliens