Je rends désormais une fois par mois visite à ma compagne qui habite Aix-en-Provence. C'est peu mais bientôt nous serons réunis tous les deux dans une région commune.
Aix-en-Provence siège dans une région magnifique, on y trouve l'esthétique des roches nuances de gris et de beiges, une végétation buissonnante, exhubérante de couleurs et de parfums à l'approche du printemps. Un vent frais assez fréquent, le mistral, balaye tout vers le sud en donnant leurs formes aux végétaux. Voici un aperçu du coin :

Une place située au terme du cours Mirabeau, ce cours accueille des boutiques de luxe à l'image des Champs Elysées à Paris. Une allée d'arbres donne en été une ombre bienvenue et ajoute un peu de fraîcheur. Le soir est aussi animé que la journée. Encore un peu trop de voitures à mon goût, car cet axe central de la ville reste un passage obligé. La statue représente un roi cultivé, René d'Anjou et de Naples, XVème s., tenant une grappe de muscat. Sculpture de David d'Angers. Les bas-reliefs du socle illustrent la bataille de Famars. Le roi est décédé à Aix-en-Provence mais son corps fut rapatrié à la dérobée vers la cathédrale d'Angers.

Ci-dessus la Rotonde, une fontaine circulaire assez massive située à l'autre extrémité du cours Mirabeau. J'ignore encore si les statues représentent les Trois Grâces, sa construction est récente, 1860, et chacune des statues regarde une autre ville. On aperçoit des nuages proches, quelques minutes après le cliché un orage s'abattait violemment sur la ville.

Ci-dessus, le massif de la Sainte Victoire d'où l'armée locale précipita les envahisseurs germanophones il y a déjà bien longtemps. On y accède par une petite route qui serpente entre des vignes et une terre rouge-orangé. Une fois au milieu de la végétation, très parfumée, allongé sur la rocaille, on n'entend plus que le souffle du vent et l'activité des nombreux insectes. Je dois avouer que l'expérience est très agréable et suscite la réflexion. Sur la photographie malheureusement (sans filtre) un nuage mal placé jette son ombre éphémère sur les flancs. On aperçoit néanmoins quelques taches flous de soleil sur les pentes abruptes. Chose intéressante, on découvre parfois incrustés dans la roche quelques coquillages de la même forme que la coquille saint Jacques, en bien plus petit.
Publié par specht à 20:24:54 dans Escapades | Commentaires (0) | Permaliens
Benoît XVI, je ne sais quoi penser. On avait annoncé qu'il réserverait des surprises, en ce sens se montrerait-il moins dogmatique et conservateur que la rumeur le laissait entendre. Mais finalement, à mon goût, il est resté le gardien d'un catholicisme d'une certaine époque, celle d'avant Vatican III. Enfin il me semble.
Quoi qu'il en soit, je pense que c'est le pape qu'il fallait à un catholicisme qui se cherche une identité contemporaine, l'architecture des nouvelles églises ne suffisant plus. Parce que l'évolution du catholicisme devrait commencer par clarifier les bases d'un dogme, pour ensuite évoluer sur certais aspects. On pourra déjà noter la disparition des limbes... Reste à savoir s'il saura donner à cette religion chrétienne un nouveau souffle, quand on observe la place que l'évangélisme d'origine nord américaine commence à prendre dans le monde.
Publié par specht à 19:57:26 dans Philo ? | Commentaires (0) | Permaliens
Je reprends mon maigre blog, en fait je ne sais pas comment font les autres pour alimenter le leur avec tant d'informations. Peu importe. Je voulais rapporter une remarque qui m'est venue en écoutant la prestation de François Bayrou l'autre jour à la télévision, lors de cette fameuse émission de PPDA.
Des citoyens choisis par je ne sais quels critères posent des questions, et le présidentiable répond. Même règle pour tout le monde jusqu'à présent. Mais voilà que à mesure des réponses de F. Bayrou mon esprit sursaute, ses réponses semblent d'une tout autre nature que celles des candidats précédents, et pourtant, le discours semble le même. Je cherche, je cherche, surtout à me déconnecter de la compréhension naturelle pour essayer d'identifier la nature du discours. Et je découvre que, sur par exemple une question habituellement sensible comme celle des sans-papiers, le ton reste sûr et ne dérange pas. Idem en ce qui concerne une question sur un autre sujet sensible... Des questions qui suscitent toujours des disputent interminables pendant les faux débats télévisés. "Disputes ?", me dis-je intérieurement. "Emotion, émotion... passion... passionnel, registre passionnel !" Voilà le mystère, les citoyens présents n'ont pas beaucoup réagi émotionnellement aux réponses de François Bayrou parce que celui-ci sortait systématiquement du registre émotionnel, pour se cantonner au registre rationnel, du moins en ce qui concerne la réponse au sujet de la question. Les petites remarques annexes ne concernants déjà plus la question, il pouvait alors revenir sur un registre passionnel.
Après l'intervention de F. Bayrou, je crois qu'il y a eu J. Bové où l'on a bien senti que le public réagissait à nouveau par l'émotion, certains limite provocateurs pendant les réponses. Idem avec A. Laguiller, et même D. Voynet. Normal me dis-je, ils répondent sur un registre passionnel.
Qu'est-ce que cela signifie ? Simplement que, par exemple pour parler des sans-papiers, le discours passionnel fera appel à un parti-pris, un engagement. "Je suis humaniste, donc je dois aider ces hommes en détresse parce qu'ils sont victimes et que les victimes sont innocentes, etc." Ce n'est certes pas énoncé aussi caricaturalement, mais le fond y est. Alors si en face la personne n'aime pas les sans-papiers pour diverses raisons, elle aura tendance à réagir sans compromission en considérant celle ou celui qui répond comme un "angélique", voire un "anti peuple français". Et vous aurez dans quelles bouches sont tenus ces réflexions. Au contraire, celle ou celui qui répondra que "les sans-papiers profitent du système, ce qui est mal, etc." se verra en retour taxé de xénophobie, voire de racisme. Toutes ces personnes échangeront des propos sur un registe passionnel, en parlant d'émotions, de détresse sociale, de malheureux, de gentils, de méchants. Et l'on constate que finalement le débat n'avance pas, chacun finissant par traiter l'autre avec des noms d'oiseau. Et alors le problème des sans-papiers, car c'est un problème à résoudre ne l'oublions pas, passe au second plan. La teneur du débat sera de savoir qui est contre eux ou qui est pour eux, et non pas de savoir comment on va s'y prendre pour identifier clairement la nature du problème et apporter des solutions.
Bayrou avait parfaitement compris semble-t-il, lui ou ses conseillers en communication. Quand on prend une position idéologique passionnelle sur un problème, et surtout quand il s'agit d'un problème humain, les chances d'avoir en retour des réactions passionnelles sont fortes. Ainsi a-t-il semble-t-il choisi de traiter les questions "humaines" sur un registre rationnel. L'attitude semble paradoxale, comment s'affranchir du passionnel en ce qui concerne l'humain ? Et pourtant c'est effectivement le seul moyen de ne pas déchaîner les passions, et ainsi de commencer à construire une discussion sur, finalement, une situation où des acteurs humains se trouvent, plutôt que sur les humains en eux-mêmes. Reprenons l'histoire de la régularisation des sans-papiers. Rationnellement qui peut nier que les régularisations massives sont impossibles ? Qui peut nier que la régularisation d'un sans-papier qui travaille depuis quinze en France ne poserait aucun problème "économique et social" au pays, puisqu'il contribue déjà au fonctionnement économique et social français depuis longtemps, que les enfants sont nés et scolarisés en France, etc. ? Qui encore pourra nier que le fait de régulariser sans distinction tout sans-papier enclenchera ou risquera fortement d'enclencher un flux migratoire calamiteux ? Calamiteux dans le sens où des personnes seront prêtes à s'embarquer sur des coquilles de noix, à traverser des champs de barbelés pour recevoir une "identité légale" dans un pays d'accueil symbole de tous ses espoirs. Au point même de risquer sa vie.
Bon, je reste conscient qu'en amont de ce registre rationnel, un registre passionnel s'anime. Il n'en reste pas moins que répondre avec des faits plutôt que des jugements sur des personnes est plus constructif, ouvre le dialogue. Car alors les désaccords tourneront autour des moyens d'action, et non plus sur des goûts personnels ou sur ce que l'on veut afficher de son tempéramment émotionnel (altruisme, froideur, etc.).
En bref, ce serait vraiment formidable si les débats politiques actuels pouvaient se dérouler sur un registre un peu plus rationnel. La question des sans-papiers, des SDF et d'autres le mériteraient. Car une dénonciation ne résoud rien.
Publié par specht à 03:45:31 dans Philo ? | Commentaires (0) | Permaliens
Triste sort en vérité !
En ce moment se déroule une fête importante des religions musulmanes. L'Aïd el Kébir, plus juste sous le nom de Aïd (fête) al Adha (du sacrifice).
Cette fête, qui pourrait également être juive ou chrétienne, évoque le sacrifice effectué par Abraham pour montrer son dévouement au dieu unique.
Abraham comptait sacrifier son fils aîné, dont le nom est incertain et varie selon les textes, car le fils aîné était ou est encore par définition la plus haute valeur dans une famille. Heureusement le dieu unique aura in extremis réussi à convaincre Abraham de sacrifier un animal au lieu de son fils : un mouton !
Pauvre mouton qui paissait par-là. Il y a vraiment des jours où on ne devrait pas paître n'importe où.
La fête consiste donc à exécuter un mouton et à le manger. Rien de très spécial en soi. Chez les chrétiens on exécute un agneau.
Cet événement passerait inaperçu s'il n'y avait pas eu cette nuit un autre événement quasiment traité comme un fait divers mais qui, dans un certain sens, intrigue. Saddam Hussein, le bouc émissaire bien commode, a été pendu cette nuit. Comme je vous le dis, couic !
Or l'exécution était programmée pour dans un mois. Alors je me demande, soyons téméraire dans les associations d'idées, serait-ce que les religieux locaux auraient insisté pour que son exécution coïncide avec le sacrifice à Dieu ? Souvenons-nous que Hussein était laïc, ce qui est un péché mortel dans l'islam. Chiites et sunites ne pouvaient pour ainsi dire pas l'encadrer malgré sa subite dévotion de fin de règne. Mais ce serait une sorte de sacrilège étant donné que ce mouton servait symboliquement à se détacher d'autres religions de l'époque, encore très portées sur le sacrifice humain.
De là à comparer Saddam Hussein à un mouton... non, tout de même. Le plus triste dans l'histoire est que cette exécution permet d'oublier que la guerre civile en Irak aura fait beaucoup plus de morts que durant tout le règne du dictateur, que dire des bombardements...
Cette exécution m'attriste parce qu'elle occulte toute une réalité bien plus triste dans l'histoire de l'Irak depuis l'investiture de cet homme. Certaines personnes auront ainsi pu "laver" leur mauvaise conscience par ce procès dont on ne connaît rien finalement, tant l'accès en est filtré, et par cette exécution hâtive. Mais le nouvel an occidental arrive, tout le monde aura déjà oublié...
Publié par specht à 07:17:55 dans Philo ? | Commentaires (0) | Permaliens
Tout cela pour dire que, en définitive, la population ne se laisse plus duper aussi facilement par les médias, et c'est tant mieux. Quant aux candidats, je leur souhaite bonne campagne. Car après tout, les choses ne faisant que commencer sérieusement, il se pourrait bien qu'on assiste enfin à des débats intéressants, et que les imposteurs tombent d'eux-mêmes. Quoique. Affaire à suivre !
Publié par specht à 19:34:52 dans Philo ? | Commentaires (0) | Permaliens
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