• Nature et urbanisme

    Bientôt la fin de la semaine, une course encore effrénée où s'égrainent les jours l'un après l'autre sans qu'on n'ait eu le temps d'apprécier les nouvelles couleurs de la saison qui s'annonce. Le regard change de perspective. La Nature paraît tant s'éloigner de l'attention qu'on ne prend même plus garde à la métamorphose des insectes. La perception des saisons désormais se transmet par le vêtement, la mode, les annonces météorologiques et l'heure, celle d'été, celle d'hiver.

    Adieu feuilles mortes orangées, fruits, insectes, fleurs… La saison nous est annoncée dans la presse comme une catastrophe, un bouleversement brutal, l'hiver trop froid, l'été trop chaud, et leurs victimes. Les centres commerciaux nous donnent le rythme des transitions par le calendrier commercial, les soldes d'été, les collections d'hiver, dans une anticipation trop précoce. 

    Je rêve d'une urbanisation envahie de nature, parcourue de trottoirs couverts de gazon, de rues porteuses d'arbres et de buissons. Je rêve de jardins, ci et là, en carré ou en rond, polymorphes, subtilement chaotiques. Ici en l'honneur d'une fontaine, là tout autour d'une sculpture, avec des bancs, où l'on pourrait s'asseoir longtemps, sans avoir l'air de tuer le temps. Mais les objections ne tarderaient pas, nous entendrions parmi les reproches celui du coût d'entretien. L'entretien, l'entretien, quel entretien ? La génétique ne permettrait-elle pas de limiter la hauteur des herbes, le développement d'arbres résistants, aux épaisses futaies ?

    Nos villes manquent de l'effet d'apaisement contenu dans la nature quasi domestiquée, laquelle reste pourtant tout aussi primordiale que la culture.


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