Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Les élections ou zèlections | 06 septembre 2006

Chacun a déjà pu s'apercevoir du démarrage précoce de la campagne pour les présidentielles. Bus parcourant la France et rejetant au passage divers gadgets, présence des jeunes militants entre les étals des marchés, effets d'annonce à la télévision, petites apparitions anodines dans les journaux et magazines, certaines personnalités politiques se sont ainsi immiscées dans notre quotidien sans que nous y prêtions vraiment attention. Quelque chose d'étrange se dégage pourtant de cette intrusion, car l'air de rien ces visages, en l'occurrence ceux de madame Royal et de monsieur Sarkozy, nous apparaissent de plus en plus familiers. Si familiers qu'on pourrait presque les considérer comme partie intégrante de notre propre famille : papa Sarkozy qui lève le doigt et réprimande, maman Royal qui sourit et modère les propos de papa. Nous assistons même parfois à l'imitation d'une scène conjugale par médias interposés sur des sujets qui concernent la "famille France", donc nous-mêmes. Les photos de vacances ne sont évidemment pas absentes : bikini et short de bain, petite pause ou pose rafraîchissement à la terrasse d'un café... Tout y passe, y compris les thèmes que les foyers connaissent bien comme le machisme, le travail, l'école, les "courses", le "cambriolage" au retour de vacances (juste une intrusion paraît-il), et les histoires de coeur.

Alors dans un moment de lucidité, on se pose évidemment la question : que sont donc devenus les autres candidats ? Lepen silencieux, Hollande n'apparaissant qu'inintéressant c'est-à-dire en aigri perpétuel, Fabius en quelques discours sérieux dans des émissions radios trop sérieuses pour toucher un large public, Marie-Georges Buffet muette comme une armoire, Philippe de Villiers disparu depuis la campagne sur le TCE, les Verts qui se chamaillent comme des enfants, etc.
Bien entendu maintenant que l'échéance approche, nous voyons toutes ces têtes un peu plus souvent. Mais honnêtement qu'est-ce qu'on en retient ? Pour ma part j'ai à l'esprit un vague retour de Jospin sur la scène politique, dans un flou artistique je devine des formes sans trop comprendre ce qu'elles font... en jaune là est-ce Voynet ou Buffet ? La tête ronde et toute frisée, oui ce serait Bayrou ou... à moins qu'il ne s'agisse de Jack in the langue... pas de verre à la main : c'est Bayrou ! En passant au rayon informatique de Carrefour(c) j'aperçois des visages sur les télévisions en batterie, des cheveux lisses et blancs avec une teinte rose sur le visage... Lepen ou Gollnisch ? Grosses lunettes, c'est Gollnisch, mais de toutes façons il est toujours à côté de son chef à lentilles. Drôle de nom d'ailleurs pour un nationaliste français... Gollnisch. Enfin ils ne sont pas à un paradoxe prêt !

Toutes ces personnalités sont connues et archiconnues de longue date, ces visage nous les voyons depuis au moins vingt ans, voire pour certains depuis notre naissance (je parle pour les trentenaires). Impossible de ne pas les identifier. Et pourtant le flou artistique persiste, tandis que Ségolène et Nicolas -on est quasiment obligé de les appeler par leur prénom pour être "in"- sont nets comme un caillou sur le sol lunaire !
Et voilà le problème, leur image est trop nette ! Ils apparaissent partout, les médias nous balancent du Nico et du Ségo (la familiarité me guette) tous les jours sous toutes les formes, en rose et en azure, pose ou nature. Pas un article sans que l'on cite leur noms et prénoms, quel que soit le fond de l'article. On remarque même une tendance pro-sarkoziste et un déchaînement passionnel à l'encontre de madame Royal ; on nous raconte, conte, explique en détails croustillants les points de vue de monsieur Nicolas sur les thèmes les plus variés -cyclisme, météo, travail...- et le vide idéologique de madame Ségolène. Et si l'on y prend garde, on se laisse séduire et vive papa qui sait tout et maman qui ne sait même pas lire le GPS en vacances, arf arf arf...
Heureusement la lucidité reprend le dessus, à des températures plus basses. Et que constate-t-on, sans parti pris ? Les projets électoraux de monsieur Sarkozy demeurent finalement assez généralistes et vagues (l'effet baignade à Arcachon), on commence à sentir qu'il cherche toujours plus de thèmes à développer pour nous séduire, au fur et à mesure, alors qu'on découvre petit à petit chez madame Royal un projet constructif par l'intermédiaire de quelques phrases bien placées.
Comment donc, on nous aurait menti ? Même les éléphants du PS, dont on se demande ce qu'ils trompent, s'amusent à répandre la rumeur du creux idéologique de Ségolène, alors que le programme qu'ils vantent ne servirait qu'à éventer la chaleur du début septembre tant il apparaît fade et nébuleux. Clic-clac, deux temps trois mouvements, voici le programme, c'est écrit dessus : programme du PS. Je l'ai lu, moi, leur programme. On ne retrouve pas du tout les idées émises par Ségolène Royal. Qu'adviendra-t-il de ce programme officialisé par un vote favorable quand celle qui n'a prétendument aucun programme sera "élue" candidate officielle du PS ?
Toujours est-il qu'une fois de plus le fossé entre ce qui s'écrit et se dit dans les journaux et ce qui se passe dans la réalité apparaît abyssal. A trop vouloir afficher son visage Nicolas Sarkozy finit par s'arroser lui-même, en ce sens qu'il semble bavarder en espérant qu'on prenne ce qui se dit et s'écrit pour la réalité des choses (téléréalité ?), mais il ne se rend pas compte du risque énorme de désillusion. Il sera en effet très facile pour un opposant d'étaler au grand jour la réalité des lacunes de son bilan, de la distance qui sépare son discours des actes. De la même manière, à trop vouloir faire passer Ségolène Royal pour l'idiote people du village France le public risque de prendre la mouche et une nouvelle fois d'agir à l'opposé de ce qui était attendu dans les journaux.
Et comme d'habitude, les surprenants résultats seront commentés, recommentés, analysés, expliqués sous tous les angles pendant des heures insipides, avec des "experts" du moment, des spécialistes de ceci et cela. En revanche aucun mea culpa de la "presse illusion" ne sera diffusé !



Tout cela pour dire que, en définitive, la population ne se laisse plus duper aussi facilement par les médias, et c'est tant mieux. Quant aux candidats, je leur souhaite bonne campagne. Car après tout, les choses ne faisant que commencer sérieusement, il se pourrait bien qu'on assiste enfin à des débats intéressants, et que les imposteurs tombent d'eux-mêmes. Quoique. Affaire à suivre !

Publié par specht à 19:34:52 dans Philo ? | Commentaires (0) |

1|

Tous les derniers titres

Moi

Aucune particularité à signaler si ce n'est le fait d'être légèrement renfermé, à la façon d'un ermite communiquant.

Septembre

DiLuMaMeJeVeSa
     12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930

Blogroll

Glossaire

Rechercher

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03