• Attentats et questionnement

    Après l'horreur et l'incrédulité, le temps des sentiments à l'égard des victimes et de la suite des évènements, surgissent inévitablement quelques interrogations, dont certaines se concrétiseront peut-être en film, étude, ou tout autre moyen d'y former sinon une réponse, au moins du sens. 

     

    Symbole et mystère

    La date, cette date si particulière dans la culture occidentale, cinématogénique, il semble improbable qu'elle n'ait pu avoir une quelconque espèce d'influence dans la préparation du forfait. Le vendredi 13 aura-t-il fait partie du plan sémiotique de ce qui est aussi une grande opération de communication, à connotation terrifiante, destinée à présenter au monde un visage impressionnant de l'organisation islamiste concernée ? Paris, ville de culture et de cultureux, au bon sens du terme, n'aurait pu rester indifférente à une telle coïncidence. Ou peut-être s'agit-il d'un simple hasard croisant la date du match, cible première…

    Le Stade de France, énorme panier ovoïdal empli de sujets de France (mais pas que) ; le football est comme en Allemagne et ailleurs, dont le Moyen-Orient d'ailleurs, une sorte de culture nationale fortement relayée dans les médias principaux. J'ignore si le match en lui-même fit l'objet d'un choix méticuleux, chez les terroristes ; le France-Allemagne amical, en présence du président, quelle aubaine pour qui cherchait à surprendre, en direct, devant un maximum de témoins. Ce fut un échec en partie, fort heureusement, les tribunes étant inaccessibles.

    Bataclan, aucune symbolique particulière si ce n'est la réputation de l'endroit. Peut-être fallait-il navrer, affecter le monde culturel et cultureux de Paris, et sa dimension internationale, accompagné des plaisirs du bavardage en terrasse, un verre à la main et quelques saveurs en bouche. 

    Ou peut-être dans ces choix la bête assurance de trouver du monde, un vendredi soir.

     

    Angoisse et solitude

    Les trois terroristes du stade auraient apparemment raté leur mission, faute d'avoir pu traverser les portes et pénétrer l'enceinte. Leur corps ont éclaté dans le désert, ou presque, réduisant fort heureusement le nombre des victimes potentielles. L'intervalle entre chaque détonation interroge. On songe à celui dispersé dans une quasi solitude, après avoir tranquillement pris sa commande (blessant tout de même grièvement la serveuse). Sans fusillade, engagé dans un attentat suicide, sa mission dépendait de sa propre mort — le patron de la BRI pense que ceux du Bataclan se destinaient à survivre —, seul face au résultat. Privé de stade, le voici devant l'échec de son opération initiale. Alors que d'autres occasions se présentaient à lui, d'autres foules un peu plus loin dont le vendredi soir ne manquait pas, il aura choisi de s'asseoir à une table, passer une commande, et se désintégrer sur le champ, interrompant toute pensée, instantanément, définitivement. Manque de lucidité, liquéfaction morale à l'idée d'avoir failli, ou forte angoisse devant la réalité de tous ces visages insouciants, comme une forme d'hésitation ultime jaillie d'un reste d'humanité soudainement ravivé par les regards ? Nous ne saurons jamais rien des pensées qui auront traversé son esprit. Quoi qu'il en soit, cette faillibilité donne une minuscule note d'espoir sur les possibilités de prévenir le radicalisme.

     

    Comment peut-on en venir à de tels actes, quels sont les processus mentaux en jeu ? Les promesses d'une transcendance heureuse, du passage vers un au-delà meilleur, conditionnée au meurtre et à la violence me semblent être une raison trop faible.


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